Valence est la troisième ville d’Espagne, et sans doute la plus facile à vivre des grandes villes du pays. Elle tient en trois morceaux : un centre historique compact, un parc de neuf kilomètres qui traverse la ville, et des plages en bord de mer accessibles en tramway. Deux ou trois jours suffisent pour en faire le tour sans courir.
La Cité des arts et des sciences
C’est l’image que tout le monde a de Valencia : des bâtiments blancs posés sur des bassins, dessinés par Santiago Calatrava. L’ensemble occupe l’ancien lit du Turia, à l’est de la vieille ville. On y trouve le musée des sciences Principe Felipe, l’Oceanogràfic, plus grand aquarium d’Europe, et l’Hemisfèric. Comptez une demi-journée pour l’aquarium seul.
Si le budget compte, la promenade extérieure entre les bassins est gratuite et vaut déjà le déplacement, surtout quand l’eau réfléchit les structures en fin de journée.
La vieille ville
Le vieux Valence se parcourt à pied. Commencez par la Plaza de la Virgen, bordée par la cathédrale, où l’on peut voir le Saint Calice. Grimpez les 207 marches du Miguelete pour la vue sur les toits. À deux pas, la Lonja de la Seda, ancienne bourse de la soie, est classée au patrimoine mondial, avec ses colonnes torsadées.
Le quartier du Carmen, juste au nord, concentre les façades peintes, les bars et les petites places. C’est là que l’ambiance nocturne de Valence se joue.
Le Mercado Central
Ce marché couvert de style moderniste reste l’un des plus beaux d’Europe, avec ses 8 000 mètres carrés de fer et de verre. On y va le matin pour les étals, et pour manger sur place. Juste en face, la Lonja offre un contraste saisissant entre gothique et Art nouveau.
Les jardins du Turia
Le fleuve a été détourné après l’inondation de 1957, et son ancien lit transformé en jardins. Neuf kilomètres de verdure traversent la ville, du parc de Cabecera jusqu’à l’aquarium. C’est le meilleur endroit pour un tour à vélo, et le moyen le plus agréable de rejoindre la côte depuis Valencia.
La côte et l’Albufera
La Malvarrosa et Las Arenas se rejoignent en vingt minutes de tramway. Larges, propres, bordées de restaurants, elles sont fréquentées toute l’année grâce au soleil généreux de la côte.
Plus au sud, l’Albufera est une lagune entourée de rizières. C’est là qu’est née la paella valencienne, cuisinée au lapin et au poulet, jamais aux fruits de mer. Une promenade en barque au coucher du soleil reste le lieu le plus photographié des environs, et pour une fois la réputation est méritée.
Manger à Valence
La paella se mange à midi, jamais le soir, et se commande pour deux personnes minimum. Testez aussi l’horchata, boisson à base de souchet, servie avec des fartons. Pour les tapas, visez le Carmen ou Ruzafa, quartier plus jeune situé derrière la gare.
Un peu d’histoire
Valencia a été fondée par les Romains en 138 avant notre ère, puis profondément marquée par trois siècles de domination musulmane. Cette histoire se lit encore dans le tracé des ruelles et dans les tours de Serranos et de Quart, vestiges des remparts médiévaux. La montée aux tours de Serranos coûte deux euros et offre l’un des plus beaux panoramas de la ville.
Les Fallas, en mars, méritent qu’on organise son séjour autour d’elles. Pendant une semaine, des centaines de sculptures monumentales en carton-pâte envahissent les places, avant d’être brûlées la nuit du 19 mars. C’est bruyant, saturé de monde, et c’est l’une des fêtes les plus spectaculaires du pays. Si vous préférez visiter au calme, évitez cette semaine et réservez plutôt une visite guidée depuis la Plaza del Ayuntamiento en basse saison, quand le musée des beaux-arts et les monuments se parcourent sans file d’attente.
Combien de jours prévoir
Deux jours permettent de voir le centre ancien, le marché et les bâtiments de Calatrava. Une troisième journée ajoute les plages et la lagune. Avec une semaine, poussez jusqu’à Xàtiva ou Sagonte pour profiter de l’arrière-pays.
Valence se visite bien à pied et à vélo, le climat reste doux même en hiver, et les prix demeurent nettement inférieurs à ceux de Madrid ou de Barcelone. C’est une ville qui se laisse découvrir sans plan précis.




