L’Italie du Nord se parcourt bien en voiture. Un road trip y tient en une boucle d’environ 900 km entre Milan, les grands lacs, les Dolomites et Venise. Dix jours permettent de tout voir sans se presser ; sept jours suffisent en sautant une étape.
L’itinéraire détaillé
Milan, deux nuits
Le Duomo, la galerie Vittorio Emanuele, le quartier des Navigli. Deux nuits suffisent largement, et c’est le meilleur point de départ : aéroports, loueurs, autoroutes.
Le lac de Côme
80 km, une heure et demie. Varenna, Bellagio et Menaggio forment le triangle central, relié par des bacs qui embarquent les véhicules. La route qui le longe est étroite et embouteillée : préférez le bateau pour les déplacements courts.
De Côme au lac de Garde
180 km, 2 h 30 par l’autoroute. Sur la rive est, Sirmione et sa presqu’île, Malcesine et son château, Limone et ses citronniers. Le plus grand lac d’Italie mérite deux nuits si vous aimez la baignade.
Vérone
Une demi-heure depuis Sirmione. Les arènes romaines, la place delle Erbe, et une ville qui se visite entièrement à pied en une journée.
Les Dolomites, deux nuits
200 km depuis Vérone, trois heures. Cortina d’Ampezzo comme base, le lac de Braies au lever du jour, les Tre Cime di Lavaredo en randonnée, le passo Giau pour la route. C’est la partie la plus spectaculaire du voyage, et la plus exigeante en conduite : les montagnes se découvrent ici par des cols à lacets, lents et magnifiques.
Venise
2 h 30 depuis Cortina. On laisse la voiture au parking de Tronchetto ou, moins cher, à Mestre, et on finit en vaporetto. Comptez deux nuits pour visiter la lagune, ses îles et Murano.
Retour vers Milan
Trois heures d’autoroute directe, ou un détour par Mantoue ou Bergame si le vol part en fin de journée.
Les variantes de l’itinéraire
En partant de France, on peut entrer par Turin et les Cinque Terre, sur la côte ligure, avant de remonter vers la région des lacs. Cela ajoute trois jours et beaucoup de kilomètres.
Une remarque sur les distances. En Italie du Nord, les grandes étapes sont proches les unes des autres, et c’est ce qui rend ce circuit facile : on ne passe jamais plus de trois heures au volant. Le temps se perd ailleurs, dans les entrées d’agglomération, dans la recherche d’une place de stationnement, dans les files d’attente aux billetteries. Réservez en ligne partout où c’est possible, l’écart est considérable.
Côté hébergement, la région propose beaucoup d’agriturismi, des fermes qui louent des chambres, souvent avec table d’hôtes. C’est moins cher qu’un hôtel de centre, plus facile à garer, et cela oblige à découvrir des villages qu’on n’aurait pas vus autrement.
Vers le sud, Bologne et Florence sont à deux heures de la lagune par l’autoroute. Florence n’est plus l’Italie du Nord, mais l’étape se greffe facilement sur un voyage de deux semaines.
Conduire en Italie : ce qu’il faut savoir
Les ZTL sont le vrai piège. Ces zones à trafic limité couvrent le centre de presque toutes les villes d’Italie, y compris de petits villages. L’accès est filmé, l’amende arrive par courrier plusieurs mois plus tard, et elle est majorée par le loueur. Repérez la limite avant d’entrer et garez-vous en périphérie.
Si votre hôtel se trouve dans une ZTL, demandez-lui d’enregistrer votre plaque auprès de la commune : c’est gratuit et cela vaut autorisation.
Les autoroutes sont payantes au ticket : on prend une carte à l’entrée, on paie à la sortie. Comptez de l’ordre de 8 centimes du kilomètre. Les voies Telepass sont réservées aux abonnés ; ne vous y engagez pas.
L’Italie n’impose pas de vignette. En revanche, si vous passez par la Suisse ou l’Autriche pour rejoindre le nord de l’Italie, elle est obligatoire dans ces deux pays.
Vitesses : 130 km/h sur autoroute, 110 par temps de pluie, 90 hors agglomération, 50 en ville. Les feux de croisement sont obligatoires de jour hors agglomération. Gilet et triangle doivent être à bord.
Quand partir
Mai, juin et septembre sont les meilleurs mois : les lacs sont agréables, les cols de montagne sont ouverts, les villes restent praticables.
Juillet et août : chaleur lourde en plaine, affluence maximale sur la lagune, tarifs au plus haut.
D’octobre à mai, plusieurs cols ferment et les liaisons en bateau tournent au ralenti. La montagne se visite alors en station, pas en road trip.
Le budget du voyage
Les postes qui comptent : la location de voiture, les péages, le carburant plus cher qu’en France, et l’hébergement, très variable entre un petit village et une grande ville.
Quelques économies faciles : dormir à Mestre plutôt que sur la lagune, et réserver les parkings à l’avance, souvent moitié moins cher qu’au comptoir.
Dernier point pratique, le carburant. Les stations affichent un double tarif, servizio et fai da te. Le second, où l’on se sert soi-même, est nettement moins cher. Sur autoroute, les tarifs grimpent comme partout, alors faites le plein avant de rejoindre le péage.




